L’Asie du Sud-Est sera la région qui supportera l’essentiel des exportations en 2024 ; elle est donc prioritaire dans les perspectives pour 2025. Dans le classement régional des exportations en 2024, l’Asie du Sud-Est occupe la première place pour le LLDPE, le LDPE, le PP de première forme et la copolymérisation séquencée. Autrement dit, elle est la principale destination des exportations de 4 des 6 principales catégories de produits polyoléfines.
Avantages : L'Asie du Sud-Est, bordée par la Chine, entretient une longue tradition de coopération. En 1976, l'ASEAN a signé le Traité d'amitié et de coopération en Asie du Sud-Est afin de promouvoir une paix, une amitié et une coopération durables entre les pays de la région. La Chine a adhéré officiellement à ce traité le 8 octobre 2003. Ces bonnes relations ont jeté les bases du commerce. Par ailleurs, ces dernières années, en Asie du Sud-Est, à l'exception du complexe pétrochimique de Longshan au Vietnam, peu d'usines de polyoléfines de grande envergure ont été mises en service, et ce nombre devrait rester faible dans les années à venir, ce qui réduit les inquiétudes concernant l'offre. Le déficit d'approvisionnement devrait donc persister. L'Asie du Sud-Est constitue également une région privilégiée pour l'augmentation des exportations de produits chinois, grâce à son excellente stabilité.
Inconvénients : Bien que l’Asie du Sud-Est entretienne de bonnes relations avec la Chine dans son ensemble, des frictions régionales mineures demeurent inévitables. Depuis de nombreuses années, la Chine s’est engagée à promouvoir le Code de conduite en mer de Chine méridionale afin de garantir les intérêts communs de toutes les parties. Par ailleurs, le protectionnisme commercial est en hausse dans le monde entier. Ainsi, début décembre, l’Indonésie a lancé des enquêtes antidumping contre les homopolymères de polypropylène en provenance d’Arabie saoudite, des Philippines, de Corée du Sud, de Malaisie, de Chine, de Singapour, de Thaïlande et du Vietnam. Cette mesure, conçue pour protéger les entreprises nationales et à leur demande, ne vise pas uniquement la Chine, mais les principaux pays fournisseurs. Bien qu’elle ne puisse empêcher totalement les importations, une baisse des prix à l’importation est inévitable, et la Chine devra rester vigilante face aux enquêtes antidumping menées par l’Indonésie en 2025.
Comme indiqué précédemment, quatre des six principales catégories de produits polyoléfines proviennent d'Asie du Sud-Est, tandis que les deux dernières sont l'Afrique, premier exportateur de PEHD, et l'Asie du Nord-Est, premier exportateur d'autres formes de PP. Cependant, l'Afrique se classe deuxième pour le PEBD et la copolymérisation séquencée, derrière l'Asie du Nord-Est. C'est pourquoi les rédacteurs ont placé l'Afrique en deuxième position sur la liste des zones prioritaires.
Avantages : Il est notoire que la Chine entretient une coopération étroite avec l'Afrique et lui a apporté son soutien à maintes reprises. Cette coopération, qualifiée de partenariat stratégique global, repose sur des fondements solides d'amitié. Face à la montée du protectionnisme commercial à l'échelle mondiale, il est fort probable que l'Afrique ne suive pas l'exemple de l'Occident en prenant des mesures similaires contre la Chine. Compte tenu de sa propre situation en matière d'offre et de demande, elle ne soutient pas, à l'heure actuelle, la mise en œuvre de telles mesures. La capacité de production de polypropylène en Afrique s'élève actuellement à 2,21 millions de tonnes par an, dont une usine de 830 000 tonnes par an au Nigéria, mise en service cette année. La capacité de production de polyéthylène est de 1,8 million de tonnes par an, dont 838 000 tonnes de PEHD. Comparativement à l'Indonésie, la capacité de production de polypropylène en Afrique n'est que 2,36 fois supérieure, alors que sa population est environ cinq fois plus importante. Il convient de noter que le taux de pauvreté y est relativement élevé, ce qui freine naturellement la consommation. Cependant, à long terme, ce marché présente un fort potentiel.
Inconvénients : Le secteur bancaire africain est peu développé et les moyens de règlement sont limités. Comme toute médaille a son revers, les atouts de l’Afrique sont aussi ses faiblesses : son potentiel futur reste à confirmer, tandis que la demande actuelle demeure limitée, le pouvoir d’achat étant insuffisant. De plus, l’Afrique importe davantage du Moyen-Orient, ce qui restreint ses opportunités. Par ailleurs, face à ses faibles capacités de gestion des déchets plastiques, des dizaines de pays ont instauré, au fil des ans, des restrictions et des interdictions concernant le plastique. À ce jour, 34 pays ont interdit les sacs plastiques à usage unique.
Pour l'Amérique du Sud, la Chine exporte principalement du polypropylène. De janvier à octobre de cette année, l'Amérique du Sud se classe deuxième pour les exportations de polypropylène primaire, troisième pour les exportations d'autres formes de polypropylène et troisième pour les exportations de copolymères séquencés. Elle figure parmi les trois premiers exportateurs de polypropylène. On constate ainsi que l'Amérique du Sud occupe une place importante dans les exportations chinoises de polypropylène.
Avantages : Les pays d'Amérique du Sud et la Chine n'ont pratiquement plus de profondes divergences historiques. La coopération sino-brésilienne dans les secteurs de l'agriculture et des énergies vertes se renforce. L'imposition de droits de douane sur les produits mondiaux par les États-Unis, principal partenaire de l'Amérique du Sud, depuis l'arrivée au pouvoir de Trump, a également engendré des tensions dans les échanges commerciaux entre l'Amérique du Sud et la Chine. Par ailleurs, l'initiative des pays d'Amérique du Sud en faveur de la Chine se développe de jour en jour. De plus, les prix moyens sur les marchés sud-américains sont depuis longtemps supérieurs aux prix moyens sur les marchés chinois, offrant ainsi d'importantes opportunités d'arbitrage régional et des perspectives de profits considérables.
Inconvénients : À l’instar de l’Asie du Sud-Est, l’Amérique du Sud pratique également le protectionnisme commercial. Cette année, le Brésil a été le premier pays à appliquer des droits de douane sur les importations de polyoléfines, les faisant passer de 12,6 % à 20 %. Son objectif, comme celui de l’Indonésie, est de protéger son industrie. Par ailleurs, la Chine et le Brésil, situés respectivement dans les hémisphères est et ouest et nord et sud, sont éloignés géographiquement. Le transport maritime est long et complexe. Il faut généralement entre 25 et 30 jours pour acheminer les marchandises de la côte ouest de l’Amérique du Sud vers la Chine, et entre 30 et 35 jours pour la côte est. De ce fait, les délais d’exportation sont fortement impactés par le fret maritime. La concurrence est tout aussi intense, menée par les États-Unis et le Canada, suivis par le Moyen-Orient et la Corée du Sud.
Bien que les rédacteurs recensent non seulement les points forts mais aussi les faiblesses des principales régions d'exportation, ils les considèrent néanmoins comme les zones de croissance les plus prometteuses. Une raison importante repose sur les données historiques d'exportation de l'année dernière, voire des années précédentes. Ces données de base reflètent, dans une certaine mesure, la situation actuelle, et il faut un long processus pour que des changements significatifs se produisent. Pour que la situation s'inverse rapidement, les rédacteurs estiment que les conditions suivantes doivent être réunies :
1) Des conflits violents dans la région, y compris, mais sans s'y limiter, le déclenchement d'une guerre ouverte, la montée de l'isolationnisme commercial et d'autres mesures drastiques.
2) Des changements importants dans l'offre régionale inverseront l'offre et la demande, mais ce processus ne peut être instantané. Il faut généralement beaucoup de temps entre le début de la production et la mise en marché complète du produit.
3) Le protectionnisme commercial et les barrières tarifaires ne visent que la Chine. Contrairement aux mesures prises en Indonésie et au Brésil, si les droits de douane sont strictement appliqués aux seuls produits chinois, et non à l'ensemble des importations, comme l'ont fait l'Indonésie et le Brésil cette année, les exportations chinoises seront inévitablement affectées et les échanges commerciaux se feront entre les régions.
Ces conditions représentent aujourd'hui les risques les plus importants pour le commerce mondial. Bien que ces conditions ne soient pas pleinement réunies actuellement, la coopération internationale demeure essentielle et doit être mise en œuvre dans différentes directions. Or, le protectionnisme commercial et les conflits régionaux se sont multipliés ces dernières années. Il est donc crucial de suivre de près le maintien et la progression des exportations vers d'autres destinations afin de saisir les opportunités qui se présentent dans d'autres régions.
Date de publication : 20 décembre 2024
